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Tunisie

Pause politique pour le mois saint

Je ne sais pas, si, comme moi, vous trouvez Ramadan, cette année, un peu particulier. Il y a de la gravité et du souci dans l’air. Après l’euphorie et la confusion de l’année dernière, les tunisiens semblent plus posés et sérieux, cette année.

Une trêve au sommet

On ne peut, franchement, rester insensible à la sincérité, le courage et la grande honnêteté intellectuelle de notre Président de la République qui a reconnu, sans détours, que l’effet pervers du pouvoir est, parfois, à l’origine de bien de déboires et erreurs d’appréciation. En avouant  qu’il n’est pas, lui-même, immunisé contre ce mal, il a admis, d’une façon presqu’explicite, que certaines de ses dernières initiatives n’étaient pas, peut-être, bien inspirées...

Un meilleur climat politique

Malgré tous les reproches et les critiques que l’on peut, légitimement, faire à l’UGTT, et son terrible silence sous la dictature, malgré les errements de sa direction actuelle qui, à peine investie, s’est livrée à de violentes et répétées attaques, injustifiées, contre le premier gouvernement élu; malgré les nombreuses grèves déclenchées, à son instigation, dans des secteurs névralgiques de l’économie, et l’abominable chantage, exercé par ses fédérations régionales, mettant en péril, à chaque fois, la stabilité et la sécurité, même, du pays;

Les scénarios possibles

Les passions sont déchainées, les cartes sont brouillées et les médias ajoutent à la confusion. Quatre scénarios semblent possibles :

-1- Le « consensus national » à la tunisienne: 

un partage, de fait, du gâteau est négocié entre les principaux gagnants. Ennhadha multiplie les concessions à ses adversaires, du RCD et de l’opposition séculière, actuelle.

Le pays a besoin d'un homme de réconciliation nationale

L’ancien régime faisait une nette distinction entre sa clientèle, ses partisans, ses alliés et les autres, qui ne sont pas les siens, exclus, éloignés des centres de décision, parfois même dépossédés de leur biens, privés de leurs revenus, humiliés et réduits à la misère et à la pauvreté. 

La dictature a œuvré pour la scission, la division du pays. Elle a scindé la population en bons, de son coté, et mauvais, contre elle ou qui ne la soutenaient pas. Les sentiments de fraternité, de solidarité et d’affection, qui unissaient les tunisiens ont, rapidement, cédé la place au ressentiment, la colère et la rancune.

Ennahdha légèrement affaiblie après les derniers évènements

Ennahdha et le gouvernement, qu’elle domine, s’en sortent légèrement diminués, des derniers évènements. Certes les troubles ont été rapidement circonscrits mais le couvre-feu a dû être, finalement, imposé. L’impressionnant dispositif sécuritaire, déployé vendredi, a encore renforcé le caractère sévère et imminent, sans doute exagéré, qu’on a voulu donner au danger qui menace le pays. Une impression finalement nuancée par la levée, le jour même, du couvre-feu.

Glorieuse terre de Tunisie

 

Les derniers évènements ont illustré, d’une façon spectaculaire, la puissance et la capacité de nuisance des ennemis de notre révolution. Ils sont, en effet, nombreux et possèdent d’impressionnants moyens de propagande et de communication. Ils disposent, également, d’énormes ressources matérielles et humaines et d’une armada, redoutable, d’experts et de professionnels, rôdés dans l’art de la manipulation, la diffusion des rumeurs, la mobilisation des foules, l’infiltration des partis et formations politiques et la fomentation des troubles et des émeutes meurtrières. 

La voie est libre pour les islamistes

Curieusement et alors que l’on s’attendait à une augmentation de la grogne populaire, signalée avec insistance par certains observateurs qui voyaient dans la concomitance des mouvements de grèves et de protestations des médecins, instituteurs et magistrats, un signe tangible ; on observe, au début de ce mois, au contraire, un apaisement et une accalmie spectaculaires avec une nette diminution des tensions politiques et sociales. On a même assisté à un échec retentissant et inédit de la grève que le syndicat régional de l’union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), du gouvernorat de Jendouba a tenu à organiser. 

Les médias, talon d'achille de la révolution

Les dernières déclarations de l’ambassadeur des états unis, à propos du verdict rendu dans l’affaire « Nessma », sont assez surprenantes… Elles émanent en effet d’un diplomate, chevronné, d’une superpuissance occidentale, amie, supposée, jusqu’à maintenant, plutôt favorable à la coalition, actuellement au pouvoir. Elles critiquent, de surcroit, la magistrature tunisienne qui, depuis la révolution, jouit, du moins en apparence, d’une grande autonomie, sans intervention, aucune, de l’exécutif.

"Grèves générales"

Des « protestations ambulantes », selon une formulation bizarre du journal télévisé de 20 heures, se suivent, en se relayant, entre quelques délégations du sud du pays, tout particulièrement autour du bassin minier. La chaine nationale de télévision, qui les reprend avec beaucoup d’insistance, semble leur accorder beaucoup d’intérêt ... Elles occupent souvent la une de son principal bulletin d’information.

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