Un geste plein d'équivoques

Notre pays est, depuis les dernières élections du 23 octobre, dans le collimateur de la France officielle, qui n'a pas encore digéré, semble-t-il, la disparition, tout aussi tragique que subite, de ses anciens amis, emportés par une révolution qu'elle n'a pas vu venir. On se rappelle, tous, du coup de gueule de M. Valls, le ministre de l'intérieur, dénonçant le "fascisme islamiste" en Tunisie. On ne compte plus le nombre des émissions, articles et enquêtes, diffusés par les médias français, tout aussi tendancieux, à l'exemple du fameux reportage de France 2, sur les salafistes en Tunisie, diffusé en pleine période de réservation pour la saison touristique de cette année.

La fête de l'Indépendance

 Le 20 Mars, décrété jour de l'Indépendance du pays, il y a près de 57 ans, s'est transformé, après la révolution, en une date de controverses et de disputes concernant toute l'époque que certains historiens attribuent, aujourd'hui, pudiquement, à la Première République.

Un retour au calme de bon augure

 

Difficile de prédire les conséquences à long terme de l'assassinat de Chokri Belaïd. Dans l'immédiat, il ne semble pas, cependant, avoir eu un impact notable sur les rapports de forces entre les différents protagonistes politiques dans le pays. Après l'épouvante des premiers jours qui ont suivi le drame, la population semble, aujourd'hui, plus rassurée.

La contrerévolution à la conquête de l'électorat féminin

 

Certains de nos médias et stratèges de l'ancien establishment ont décidé de séduire, par tous les moyens, l'électorat féminin, croyant, à tort, qu'il est bien plus facile à duper. Ces deux dernières journées, et à l'occasion de la fête internationale de la femme, ils ont mis les bouchées doubles pour arriver à leurs fins. Pour conquérir la femme tunisienne et gagner son cœur, ils ont eu recours, fidèles à leurs vieilles habitudes, à la flatterie, au mensonge, à la langue de bois et au discours anachronique et hypocrite, qu'ils ont appris à maitriser, à la perfection. 

La grave déviation du mouvement féministe tunisien

 

A l'occasion de la Journée Internationale de la Femme, on a eu droit, à notre corps défendant, aux séquences, devenues familières, mais toujours rebutantes, de femmes, toujours les mêmes, s'exhibant devant les caméras des télévisions, pour dénoncer, dans des attitudes tragi-comiques, les menaces, très exagérées, qui pèsent, selon elles, sur les acquis de la femme et sa liberté, après les derniers changements politiques, survenus dans le pays, depuis la révolution.

La manifestation de la légalité

J'ai suivi avec beaucoup de curiosité les interview réalisés par une journaliste sur l'une de nos chaînes télévisées aux manifestants de samedi dernier, sur l'avenue Habib Bourguiba. Ils étaient de condition modeste, pour la plupart, mais dignes et fiers. Il n'y avait ni haine ni rancune dans leurs propos. Ils avaient le regard franc et parlaient avec beaucoup de sincérité. Ils étaient enthousiastes et heureux. L'ambiance était festive, bon enfant. Une grande ferveur révolutionnaire et religieuse inondait l'immense foule. Un sentiment très fort de communion d'idées, de valeurs, de convictions politiques et religieuses semblait l'unir comme un seul bloc. Rien à voir avec les manifestations organisées du temps de la dictature. Les participants n'étaient pas les professionnels de la claque qui sortaient applaudir au passage des escortes officielles. Leur grande spontanéité était impressionnante. 

L'epreuve de force

L'entrée en ligne des ligues pour la protection de la révolution, en ce moment, n'est pas fortuite. Il existe, en effet, de sérieuses craintes que le processus révolutionnaire ne soit avorté et que des forces proches de l'ancien régime ne reprennent les rênes du pouvoir, de nouveau, dans le pays, aidées par certains milieux affairistes, des chancelleries étrangères et des courants politiques divers hostiles aux islamistes. C'est cette appréhension bien légitime quiest, aujourd'hui, à l'origine de la tension qui caractérise, de plus en plus, les rapports entre le gouvernement et l'opposition. 

 

Une émission choquante

J'ai regardé l'émission de jeudi soir sur Ettounissia. Ce n'était pas en réalité un débat mais un réquisitoire haineux et revanchard contre la révolution et ses partisans. Rien n'a été laissé au hasard pour obtenir le plus d'impact possible et susciter chez le spectateur, et à son insu, un sentiment d'angoisse, de peur, de doute et de rejet pour tout le processus révolutionnaire, rendu responsable de la situation dans le pays; dont on a brossé, d'une façon bien exagérée, un tableau très alarmant.

Sondge de l'IRI : un fidèle instantané de la situation dans le pays

Notre pays est à la veille d'un round, décisif, entre la Troïka et le clan de Nida Tounes, le parti fondé par l'ancien premier ministre. Cette nouvelle formation politique rassemble, essentiellement, l'ancienne intelligentsia, qui, depuis l'indépendance, et grâce à la complicité de la dictature, occupait pratiquement tous les postes clés du pays. A deux reprises, le président du parti du mouvement islamique, Ennahdha, a écarté toute possibilité d'entente avec Nida Tounes. Le chef du gouvernement, a, de son coté, vivement critiqué, sur un ton dépité, mais sans le nommer, le président de ce parti, qui a fait preuve, selon lui, d'irresponsabilité et de mauvaise foi, en affirmant la fin de la légitimité du gouvernement, après le 23 octobre courant.

La politique de la peur

Certains de nos médias montrent, depuis quelques temps, un goût prononcé, morbide, pour le sordide, le malpropre, le crasseux et le dégoûtant. Ils raffolent des émissions et faits divers où l'on relate, avec force détails, des histoires de meurtres, de mutilation et de torture, des plus horribles. En plein écran, des images d'épouvante sont diffusées pendant des heures de grande écoute, où sont affichés, sans pixellisation, des cadavres démembrés, calcinés, des visages étouffés, bleutés, défigurés par la douleur, des corps déchiquetés, de vieillards et d'enfants.

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