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Qui cherche à achever la révolution ?

Le droit de manifester, personne ne le discute. Mais pourquoi manifester ? Juste pour courir, insulter la police et crier à la répression ou, plutôt, pour transmettre un message, revendiquer un droit, dénoncer une injustice ou exprimer une opinion? Pourquoi, dans ce cas, ne pas le faire dans le calme, et en respectant la loi ? On peut manifester en petits groupes silencieux, avec une simple pancarte, en se postant à un coin de l'avenue, sans perturber ni gêner personne. Qui osera, dans ce cas, nous taper dessus ? On n'a pas besoin de crier, de courir, d'être nombreux, pour faire entendre raison et défendre notre cause, si elle est juste. Manifester pour manifester, juste pour le grabuge, pour créer l’actualité, s’afficher sur les écrans

de la télévision, est contreproductif car il distrait de l’essentiel et nuit dangereusement à la qualité du débat politique. Certains mauvais perdants, politiciens de peu d’envergure ou aventuriers provocateurs, à court d’arguments, sombrent, en désespoir de cause, dans le ridicule. Ceux qui ont du mal à convaincre, qui n’arrivent à intéresser personne, se trompent lourdement s’ils croient pouvoir égrener quelques gains politiques, sur le dos du gouvernement et ses hommes, en recourant à des gesticulations d’un enfant gâté et à des exhibitions, bruyantes, hystériques. Ils commencent à lasser, sérieusement, une opinion publique qui est loin d’être aussi naïve et crédule, qu’ils le croient.

Les organisateurs des dernières manifestations, du 9 avril, portent une lourde responsabilité dans la malheureuse tournure qu'ont prise les évènements. Organiser une manifestation sans un service d'ordre solide, capable de la protéger des débordements et des provocations de toute sorte, sans encadrement sérieux, sans un accord préalable et précis, avec la police sur son itinéraire et son timing, est un acte d'une grande irresponsabilité. Les mots d'ordre lancés sur les réseaux sociaux et l'obstination de certains manifestants à faire irruption dans l'avenue Habib Bourguiba, (selon le témoignage de plusieurs reporters de journaux français et agences internationales), laissaient, déjà présager, d'une réaction de la police, qui ne pouvait ne pas faire respecter la loi. L'enquête déterminera les responsabilités des différentes parties et si oui ou non il y a eu une présence de miliciens et leur appartenance... Mais d'ores et déjà il est clair qu'on cherche à mettre en doute la capacité du pays à se doter d'une démocratie. Nous n'avons pas interêt à discréditer notre service de sécurité, à peine réhabilité, ni nos jeunes institutions, issues d'élections régulières et transparentes, ni notre classe politique. Nous devons, quel que soit notre affinité politique, nous montrer à la hauteur des exigences de l'étape actuelle, très délicate, que traverse notre pays et nous placer au-dessus des calculs politiciens, partisans, qui risquent de nuire, énormément, à notre pays.