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Tous unis contre le terrorisme et le fascisme antireligieux !

De nombreux pays du monde occidental ont été victimes, ces dernières années, d’attaques terroristes revendiquées ou attribuées, avec plus ou moins de certitude, à des intégristes musulmans. Ces attentats ont été surtout observés dans des pays où des tensions sociales, plus ou moins vives, ont surgi entre les communautés arabes et musulmanes, qui y résident, et les autochtones ou des représentants d’autres ethnies ou religions. Des partis politiques, parfois parmi les plus importants, de nombreux mouvements, certains d’extrême droite, d’autres de gauche, pour des raisons diverses, alimentent, par des provocations variées, et sous différents prétextes, parfois étonnants, un sentiment d’hostilité à l’égard des minorités des musulmans, qui regroupent, pourtant, des citoyens à part entière, pour la plupart parfaitement adaptés à l’environnement culturel, social et économique de leur pays hôte.

 

Les médias et des dirigeants politiques de ces pays, ont, parfois, consciemment, ou inconsciemment, joué le jeu des terroristes, en essayant de justifier, d’une façon plus ou moins explicite, les attitudes les plus radicales de certains originaires du pays, ou membres d’autres minorités religieuses, à l’égard des communautés de confession musulmane. Leur attitude n’a pas aidé à isoler les terroristes. Au contraire, elle a, bien souvent, suscité les soupçons des musulmans de leur pays et dans le monde, et mit la lutte contre le terrorisme dans un contexte de guerre de religion, des plus dangereux. Tout aussi nocif est de placer le combat contre ce fléau, qui peut menacer toutes les sociétés, tous les pays du monde, dans le cadre d’une guerre entre un monde libre, occidental, tolérant et civilisé, digne de tous les respects, et un monde d’ennemis, jaloux, régi par des normes d’une civilisation et/ou religion, inférieure, violente, fanatique et intolérante. Ce discours s’obstine à exiger, pour s’opposer au terrorisme, et le condamner, l’adhésion à un modèle sociétal précis, de type occidental, prétendument idéal, absout, par conséquent, de tout soupçon de terrorisme.

 

La marche internationale contre le terrorisme, organisée par la France, à la suite des attentats de Charlie Hebdo, a été conçue dans le but d’obtenir l’appui de la communauté internationale dans la lutte menée par ce pays contre le terrorisme. Mais, et c’est là où le bât blesse, de nombreux hommes politiques et  médias, occidentaux, ont essayé, par des moyens détournés, de profiter de cette démonstration pour accréditer leur vision de la lutte anti-terroriste et la ramener à un choc de civilisations ou de guerre religieuse. Dans notre pays, dès qu’un acte terroriste est commis, des voix s’élèvent pour mettre en cause Ennahdha, un parti islamiste modéré, et lui en imputer, sans aucune preuve, la responsabilité, directe ou indirecte. Prenant, souvent, exemple sur la politique menée par les gouvernements de certains pays occidentaux, particulièrement la France, dont la réalité sociale et politique est bien différente de la nôtre et où la communauté musulmane ne représente qu’une minorité, ils appellent, pour lutter contre le terrorisme, à une traque systématique, intolérable, de toute manifestation publique de religiosité musulmane, et au recours à des mesures et des législations, contestables, rejetées par une grande majorité des tunisiens, et qui vont dans le sens d’une limitation de la liberté individuelle, et du culte,. A l’instar de certains mouvements apparus en occident, hostiles aux communautés musulmanes de leur pays, ils tiennent un discours, parfois, tout aussi haineux et méprisant à l’égard de leurs concitoyens, restés fidèles aux préceptes de l’islam.

 

Des dissensions politiques sont apparues entre Ennahdha et des formations de gauche, à propos de la marche internationale contre le terrorisme. Le Front Populaire avec d’autres partis, idéologiquement proches, a refusé d’y participer, à cause de la présence, lors de cette démonstration, des « terroristes », faisant allusion aux partisans d’Ennahdha et ses principaux dirigeants. Une partie des tunisiens hésite à participer à la manifestation, à cause de ces querelles sans fin, entretenues avec une remarquable obstination par certaines formations, minoritaires, de gauche, dont les thèses antireligieuses sont largement diffusées dans les médias. Heureusement, la Centrale Syndicale a fait preuve d’une plus grande maturité et de sens de responsabilité politiques, et a décidé, vu l’importance de la manifestation et du message qu’elle doit transmettre, aux terroristes, et à toute la communauté internationale, d’une Tunisie unie, déterminée à lutter contre le terrorisme, sera elle, massivement représentée avec ses nombreux adhérents.

La marche internationale, prévue pour ce dimanche, à laquelle le Président de la République a appelé tous les tunisiens à participer, ne doit pas donner la désastreuse impression d’une manifestation dirigée bien plus contre Ennahdha et ses partisans, que le terrorisme. Il n’est pas entièrement exclu que certains extrémistes anti-religieux, ou des proches de l’ancien régime, de gauche ou de droite, n’essayent d’en profiter, pour des raisons purement idéologiques ou bassement politiciennes, pour raviver, dans notre société, la bipolarisation religieux/antireligieux, qui sert, à merveille, les desseins des terroristes. Tous unis contre le terrorisme et le fascisme antireligieux !

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