You are here

Des élections qui soulèvent peu d'enthousiasme

L'heure n'est pas à l'euphorie, malgré quelques signes rassurants sur le déroulement, probable, dans des conditions acceptables de sécurité, des prochaines élections. Mais ce deuxième rendez-vous électoral après la Révolution, qui doit, pourtant, marquer la consécration des nouvelles traditions démocratiques dans le pays, ne suscite pas, cette fois, le même élan d'enthousiasme et d'espoir provoqué par celui du 23 octobre 2011.

La morosité et le scepticisme l'emportent chez la plupart des citoyens. Il y a, bien sûr, le terrorisme et son lot de deuils et de victimes. Il y a, également, à la faveur du "dialogue national" et ses compromissions, une résurgence des vieilles pratiques et habitudes de l'ancien système. Des figures corrompues, connues, occupent des postes clés dans l'administration, et agissent d'arrache-pied pour anéantir tout ce qui a été entrepris et réalisé durant les trois premières années de la Révolution. Avec le nouveau gouvernement, la marginalisation de la Présidence de la République et de la Constituante, le pouvoir semble, de nouveau, se concentrer entre les mains des milieux affairistes, très peu soucieux de l'intérêt du pays et de son développement. 
Toutes ces incertitudes et déceptions ont amené les tunisiens à se désintéresser, peu à peu, de l'actualité nationale. Il y a beaucoup d'amertume. La population a le sentiment d'avoir été trahie par les partis politiques qu'elle avait élus et portés au pouvoir. Il existe une profonde mésentente entre des citoyens en proie à la pauvreté, à l'injustice, l'inégalité sociale et la privation de leurs droits et libertés et qui se sont soulevés pour améliorer leur quotidien et retrouver leur dignité bafouée et une classe politique qui n'a d'autres motivations que de sauvegarder ses propres intérêts. Adieu l'égalité entre les régions, adieu la lutte contre la corruption, adieu la dignité, la liberté, le droit à l'emploi...
Les files d'attente devant les bureaux de vote seront beaucoup moins longues, cette fois. La population est, déjà, édifiée sur le simulacre de démocratie qu'on cherche à instaurer dans le pays. Elle sait qu'en allant voter elle plébiscitera un nouvel ordre qui ressemble à s'y méprendre à l'ancien !

Group content visibility: 
Use group defaults