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Pour une destination Tunisie digne de notre glorieuse Révolution

Le tourisme est un secteur d'activité très sensible, car il s'occupe de commercialiser et vendre une certaine image d'un pays et de tout un peuple. Les risques de dérapage sont importants, d'autant plus que les produits proposés sont, en grande partie, en ce qui nous concerne, pauvre pays du tiers-monde, déterminés par de tierces parties, des tours opérateurs, de peu de scrupules. La présence de la nouvelle ministre, responsable de ce secteur, et le coup d'envoi, très discutable, qu'elle a donné à la manifestation des "dunes électroniques", pompeusement qualifiée de culturelle, a fortement souligné l'implication de notre nouveau gouvernement, et de toute la Tunisie officielle, dans une stratégie qui, à la longue, risque de faire coller à la destination Tunisie, une étiquette très préjudiciable.

Sur le plan interne, les deux hauts responsables du tourisme et de la culture ont fait preuve d'une grande indélicatesse en se montrant très peu sensibles au deuil de la population, qui venait de perdre, dans un lâche attentat, quatre de ses plus valeureux enfants. Ils ont, aussi, peut-être sans le vouloir, cautionné une action qui risque de provoquer chez une large frange de la population, des classes pauvres et moyennes, de très douloureux souvenirs, qui les renvoient aux manifestations de luxure et de grand faste, organisées par les prédateurs de l'ancien régime et ses sbires, souvent en présence de quelques invités étrangers. Cette manifestation a, également, brusquement rappelé, à l'opinion nationale, que notre pays a failli, sous l'impulsion de quelques affairistes véreux, se transformer en une destination privilégiée de tourisme sexuel. Une orientation que la dictature encourageait en sous-main, et justifiait par l'impératif économique et la sacro-sainte  nécessité de garantir une entrée de devises pour le pays, cruciale pour son développement.

On sait que de telles justifications peuvent servir de prétexte pour recourir à d'autres moyens détournés, de moralité discutable, dans d'autres secteurs, et pour tolérer, par exemple, en cédant à l'affairisme et ses exigences, la corruption, le népotisme, la violation de la loi et, même, la falsification des résultats des élections.

Certains milieux étrangers semblent déterminés à récupérer le produit touristique tunisien et lui donner une étiquette bien déterminée, qui n'est pas forcément dans l'intérêt de notre économie, et qui, aujourd'hui est incompatible avec l'image que nous aimerions donner à notre pays, après sa glorieuse révolution. Le gouvernement de M. JOMAA et le ministre du tourisme doivent se montrer particulièrement vigilants à ce sujet.

 

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