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Le retour à l'ancien système

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Il est maintenant évident que tous les partis politiques  ont décidé d'obtempérer et suivre à la lettre les instructions des puissances étrangères, internationales et régionales et d'appliquer la feuille de route qui leur a été tracée, lors des séances de dialogue national. En réalité toutes ces soi-disant tractations et négociations serrées, entre partis politiques,  organisations nationales et associations  de la société civile, n'étaient qu'une grossière mise en scène, destinée à faire croire à la population que les décisions émanaient, effectivement, d'une volonté consensuelle, des principaux protagonistes de la vie politique dans le pays.

On peut, sans risque de se tromper, soutenir qu'ils ont, tous, dû accepter d'abandonner leurs critiques contre l'ancien régime et sa politique étrangère, sociale et économique. Ils se sont engagés, également, selon toute vraisemblance, à réhabiliter les symboles et caciques de la dictature déchue et empêcher que des poursuites judiciaires soient engagées pour leur demander des comptes, exiger des réparations ou les sanctionner. On peut, d'ores et déjà, mettre une croix sur tout l'argent détourné à l'étranger, oublier toutes les malversations et deniers publics dilapidés par des administrateurs et hommes d'affaires véreux. Aucune action sérieuse ne sera envisagée pour une meilleure répartition des richesses, le développement des régions marginalisées, l'emploi des jeunes ou le contrôle des ressources minières du pays et leur exploitation. Les damnés de la dictature, les zones déshéritées, pauvres, le resteront.

Le Premier Ministre, actuel, M.  JOMAA, semble avoir été choisi par ces mêmes puissances, pour mener à bien cette transition, très particulière, non pas vers la démocratie mais vers une nouvelle dictature, en tout point semblable à celle qui l'a précédée. Il sera appelé à rester à la présidence du gouvernement, même après les prochaines élections. Il veillera à l'application de la politique économique ultralibérale, dictée par la banque mondiale et le FMI et à la conformité de la politique étrangère du pays, de son discours officiel et de ses positions internationales, à celles prônées par un monde occidental, en décadence, qui traverse une grave crise de valeurs.

Ceux qui prétendent qu'il soutient la transition démocratique dans notre pays se trompent ou essayent de tromper les tunisiens. Sous différents prétextes, la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme religieux, le développement et l'intérêt économique du pays, la répression des libertés reprendra de plus belle, avec la bénédiction tacite de l'extérieur, et sera aussi implacable et systématique que sous l'ancien régime, ou pire.

On peut donc affirmer que nos politiques ont, aujourd'hui le couteau sous la gorge et qu'ils n'y a plus rien à espérer de leur coté. Inutile de les accuser de trahison, de lâcheté, d'opportunisme.  Inutile de continuer à assister à leurs réunions, à écouter leurs déclarations ou répondre à leur prise de positions. Inutile de participer au prochain scrutin pour voter. Les jeux sont faits. On élira des parasites qui toucheront de gros salaires, sans rien faire, juste, comme les responsables de l'ancien régime, ils se contenteront, moyennant quelques dividendes, d'appliquer une politique qui n'a rien de national, dictée pour servir des intérêts étrangers.

L'obstination des grandes puissances du monde occidental à vouloir nous imposer la même politique qui a, déjà, échoué avec l'ancien régime, aboutira à d'autres révoltes, plus meurtrières et plus violentes, jusqu'à l'instauration d'un nouvel ordre plus équitable et que tous les privilèges injustes soient abolis.  Il s'agit là d'un déterminisme historique que personne ne peut enrayer.

 

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