You are here

Un attentat manqué

Catégorie: 

La dernière attaque terroriste a suscité l'émoi et la colère des tunisiens. Elle a provoqué l'indignation unanime de la quasi totalité de la population. Elle n'a pas eu, cependant, l'effet recherché par ses commanditaires. Elle n'a pas provoqué, au grand dam de ces derniers, un sentiment de doute, de désespoir, de panique générale. Aucun mouvement de protestation ou d'insurrection ou de remise en question de l'autorité. Pas, même, parmi les habitants de la ville de Kasserine, lieu de l'attentat, qui ont fait preuve d'un courage exemplaire et d'une grande maturité. Ils n'ont pas hésité, à affronter, les mains nues, les criminels armés et à les obliger à prendre la fuite. Malgré le choc, malgré leur  immense douleur, ils  ont fait preuve d'une grande lucidité et sont restés totalement indifférents aux singeries et gesticulations, hystériques, de quelques écervelés, isolés, des syndicats des forces de l'ordre.

Malgré les efforts déployés par des médias d'une obédience douteuse, le forfait terroriste ne fut suivi par aucun signe de tension entre les différentes factions politiques. Aucune dissension religieuse, ethnique ou sociale n'est apparue. En vain, quelques voix haineuses, d'un autre âge, ont essayé de semer la zizanie, de profiter de l'horreur du crime pour ameuter les foules, perturber l'ordre public, provoquer le chaos, amener le pays dans un tourbillon de violences, au bord de la guerre civile. Elles cherchaient, ainsi, à créer une situation propice à un retour de la dictature, de la corruption, de l'arbitraire et de l'injustice.

Les terroristes et leurs commanditaires, ont, encore une fois, lamentablement échoué. Le ministre de l'intérieur, objet de leur attentat, s'en est sorti grandi. Aujourd'hui, cet homme intègre, connu par sa droiture, admiré pour son grand courage, apparait comme indispensable dans la lutte contre le crime, et pour la défense de l'ordre républicain, de l'Etat de droit et des valeurs révolutionnaires sur lesquelles on cherche à bâtir la nouvelle Tunisie. C'est, aujourd'hui, une figure incontournable de notre Révolution. Dès le début, juge d'instruction à Kasserine, une ville pauvre de l'intérieur, il a pris l'initiative d'arrêter et de traduire en justice ceux qui ont tiré sur la foule, sur les jeunes de son quartier, devenu le symbole de la résistance de tout un peuple contre la tyrannie.

Certains politiques, obéissant à un bas instinct électoraliste, ont essayé de s'en prendre à la Troïka, de lui imputer la responsabilité de l'apparition du terrorisme et de son développement sur notre territoire. Tous les tunisiens, en fait, se félicitent de l'action menée par cette dernière, parfois au prix de lourds sacrifices, et qui a permis de renforcer l'unité nationale et de préserver un esprit de concorde et de consensus, qui constituent, aujourd'hui le meilleur rempart contre toutes les menées subversives et provocations des forces intérieures et extérieures, hostiles à notre pays et à sa Révolution. C'est grâce à la Troïka que le terrorisme est aujourd'hui, unanimement condamné par tous les tunisiens. C'est grâce à la Troïka qu'il ne dispose, aujourd'hui, d'aucune base arrière dans le pays. C'est grâce à la Troïka qu'il n'a pu susciter aucune sympathie, aucun soutien, aucun appui, parmi la population. Tous les partis politiques et leurs partisans, même ceux qui réclament d'une interprétation rigoureuse de la religion, ont clairement pris leurs distances des groupuscules de la terreur. Rares ceux, parmi les tunisiens, qui ont accepté de leur prêter main forte, ou de faciliter leurs opérations. Il s'agit le plus souvent de contrebandiers, d'hommes d'affaires véreux, restés à la solde de l'ancien régime, ou d'anciens responsables et agents sécuritaires, proches de la dictature.

Les Tunisiens qui ont été à l'origine de la première révolution dans le monde arabe et musulman, continuent à faire preuve d'une grande habileté et clairvoyance dans leur lutte contre l'empire du mal, du monde capitaliste et les dictatures satellites, à sa solde, dans notre région et certains pays du Tiers Monde. Ils savent que la lutte est longue et qu'elle exige du souffle, de la patience, et beaucoup de courage, de force et de ruse. Ils gardent comme principal atout une grande foi dans leur Révolution, qui reste inébranlable, nullement altérée par les cris des oiseaux de mauvais augure qui cherchent à les faire rebrousser chemin et abandonner leur combat pour la liberté et la dignité.

Group content visibility: 
Use group defaults