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L'Irak, de nouveau

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Les derniers évènements en Irak semblent avoir pris au dépourvu les responsables de l'administration américaine. La surprise et la déception sont évidentes dans leurs premières réactions, à chaud, à l'incroyable nouvelle de la chute de Mossoul et la débandade, non moins ahurissante, de l'armée irakienne.

Les opinions, publiées dans les grands quotidiens, des analystes et hommes politiques de ce pays, les plus influents, traduisent, aussi, la perplexité, le découragement et la lassitude de l'opinion publique américaine, qui voit s'écrouler, en quelques heures, sous ses yeux, tout l'édifice bâti en Irak, au prix de très lourdes pertes en vies humaines et de dépenses considérables, de plusieurs billions de dollars, en équipements militaires et pour l'entraînement de la nouvelle armée irakienne. La déconfiture rapide de celle-ci, en dit long sur sa combativité et son degré de préparation et ne laisse aucun espoir quant à ses capacités de reprendre, rapidement, la situation en main et reconquérir aux militants armés la totalité des territoires conquis dans le nord et l'ouest du pays.

Les évènements très alarmants ont suscité un grand désarroi, aussi bien parmi les démocrates que les républicains. Tous avaient peur de voire s'effondrer un système politique, conçu et imposé à la population locale, pour servir et défendre d'énormes intérêts américains, et dont la durée de vie, risque, après les derniers évènements, d'être considérablement écourtée. Il s'agit, même si on se gardait bien de l'avouer au pays de l'oncle Sam, d'un échec total de toute l'opération américaine menée sur deux décennies, depuis la première guerre du golfe en 1990. Tout le pays, avec ses précieux gisements de pétrole, risque de sombrer dans le chaos ou de tomber entre les mains d'une coalition de mouvements nationalistes et extrémistes religieux, farouchement hostiles aux visées néocoloniales américaines.

Ceux qui ont vécu les péripéties du drame irakien, se rappellent, sans doute, combien le projet de l'occupation de ce pays était insensé et des manifestations monstres, de plusieurs millions de personnes, qui ont eu lieu un peu partout dans le monde, en Europe et aux Etats-Unis, pour le dénoncer. Ils se rappellent, aussi, des mensonges, en direct, de Colin Powell, au conseil de sécurité, sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein et les relations entre son régime et les terroristes d'Al Qaeda. Ils n'ont, surement pas, oublié, non plus, les bombardements intensifs qui ont détruit toute l'infrastructure économique de ce pays ni l'embargo inhumain qui a coûté la vie à des centaines de milliers de civils innocents, des enfants et des sujets âgés, privés de médicaments, et de nourriture. Les américains ont commis un long crime en Irak. Les monstres d'aujourd'hui, les terrifiants coupeurs de tête qui ont surgi des entrailles de la terre meurtrie, ressemblent, énormément à des mutants, qui auraient résisté aux bombes, d'une demi tonne, fièrement lancées par la soldatesque de Rumsfeld sur des habitants, sans aucun moyen de défense. Des mutants rendus comme invincibles par l'horreur et l'atrocité de ce qu'ils ont subi dans les prisons d'Abu Gharib, ou vu leurs proches et concitoyens subir dans les geôles de Maliki et ses acolytes.

Le monde s'est réveillé avec un énorme frisson de peur et un sentiment de gâchis et de grande culpabilité en recevant les dramatiques nouvelles des derniers développements en Irak. Un énorme doigt accusateur est pointé sur les Etats-Unis d'Amérique. De très lourdes responsabilités pèsent sur cette super puissance, aujourd'hui sommée de remédier au plus vite à la situation catastrophique que sa politique a engendré.

Rien, cependant, dans les dernières décisions annoncées par le président Obama ne laisse espérer qu'elle a retenu la leçon de ses erreurs passées et qu'elle est prête à aider à les réparer et dédommager le peuple irakien pour tout le mal qu'elle lui a provoqué. L'administration américaine est l'otage de ses propres monstres, assoiffés de sang et de pétrole. Ils ne lâcheront pas prise facilement. 

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