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Fruits d'une compromission ou réels succès ?

A peine le gouvernement LAAREYEDH parti, les opérations de démontage du réseau terroriste ont commencé. Coup sur coup à Raoued puis, dernièrement, à Borj Louzir, deux importantes opérations ont été menées et ont abouti à la neutralisation de plus de onze de ses dirigeants, parmi les plus dangereux.

Ces succès, inattendus et assez surprenants, pour les observateurs peu avertis, tranchent d'une façon singulière avec une période prolongée d'expectative qui avait donné l'impression d'un piétinement de notre service sécuritaire, subitement devenu incapable de venir à bout d'un danger bien cerné. Aujourd'hui, la preuve a été apportée qu'il ne s'agissait, en réalité, que d'une question de timing et qu'on attendait, très probablement, le départ de la Troïka et son parti dominant, d'inspiration islamique, du palais de la Kasbah. Les réussites remportées, en un laps de temps très court, font penser que les cellules démantelées avaient été, à l'évidence, repérées depuis longtemps et que nos brigades anti-terroristes disposaient, déjà, depuis plusieurs semaines, voire mois, de tous les renseignements nécessaires pour les mettre hors d'état de nuire. Leur passage à l'action n'était tributaire que d'une décision, qui tardait à venir, en rapport étroit avec les marchandages qui se déroulaient dans le sillage du dialogue national.

Qui avait intérêt à priver la Troïka des retombées positives de tels succès contre le fléau terroriste ? L'appareil sécuritaire a manifestement cherché à en tirer le plus grand profit, pour augmenter son prestige et redorer son blason. Dans ce but, des enregistrements vidéo, en direct, des opérations ont été largement diffusés dans les médias et sur les réseaux sociaux. Certains des hauts responsables sécuritaires ont-ils, délibérément, préféré agir dans un contexte neutre, sous un gouvernement de technocrates, pour s'attribuer tout le mérite du  travail accompli ? Ont-ils été, au contraire, contraints à obéir à une clause secrète de la feuille de route, qui exigeait, avec l'accord implicite des différentes parties, de n'entamer la phase finale de la lutte anti-terroriste, qu'après la mise en place du nouveau gouvernement de M. JOMAA, supposé au dessus des calculs électoralistes ?

L'impact des dernières actions sur l'opinion publique nationale, ne semble pas, cependant, avoir été à la hauteur de tous les espoirs. Malgré le sentiment, évident, de soulagement, les derniers points marqués contre le réseau terroriste dans le pays, n'ont pas provoqué un enthousiasme délirant des foules. Pour de nombreux tunisiens, qui ne renient pas les efforts déployés par nos services de sécurité et ne mettent point leur compétence en doute, ces résultats, ont aussi, un arrière goût amer et cachent, peut-être, une réalité moins réjouissante. Ils seraient, en effet, la conséquence de certaines concessions, de taille, passées avec des parties, peut-être étrangères, qui ont implémenté et financé le terrorisme sur notre territoire. L'une des clauses, les plus probables, a touché à la souveraineté du pays et à la volonté de son peuple,  dûment exprimée, puisqu'elle a exigé et obtenu le départ d'un gouvernement élu et son remplacement par un autre, sorti de nulle part, imposé, dont la composition a choqué un grand nombre de citoyens. En même temps, les grandes lignes d'un scénario pour le déroulement et l'issue des prochaines élections commencent à être divulguées. Selon toute vraisemblance, elles ont été fixées dans ce même cadre d'une compromission face au terrorisme et ses commanditaires. Elles visent à réintroduire par la grande porte, la vieille garde de l'ancien parti unique, et à les réhabiliter. Les interdictions de s'afficher en public, prononcées contre plusieurs de ses figures, remises en liberté dans des circonstances peu claires, sont d'ailleurs, de plus en plus ignorées. Il est probable, aussi, que la prochaine loi électorale ne comporte rien à leur encontre et que les dispositions du fameux article 15, de l'ancienne, qui leur interdisait de se présenter aux élections, soient ignorées. Au sein de Nidee Tounes, le nouveau parti majoritaire, pressenti par les sondages, ils sont de plus en plus dominants et semblent sur le point d'effectuer une grande purge pour se débarrasser de toutes les voix dissonantes, en vue du prochain scrutin.

Pour le moment, les parrains du dialogue national et les dirigeants des principaux partis qui ont participé au dialogue national préfèrent garder le silence. De même que M. JOMAA et les membres de son équipe. Il est, encore, sans doute, trop tôt pour révéler à la population le fin mot de toute l'histoire.

 

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