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Ce n'est que partie remise !

Après une période de près de trois ans, de remises en cause, de questionnements, de disputes, d'accusations mutuelles, d'affrontements acharnés, cette année, 2014, s'annonce par un certain répit, un retour au calme, une résignation, même, un regain de maturité, devant l'entêtement des faits et l'impossibilité, pour le moment, de changer un environnement national fortement  conditionné et vicié par un contexte régional et international des plus délétères. 
C'est ce dernier qui a constitué la principale cause du ralentissement, de la pause forcée, que connait, actuellement, la dynamique réformatrice révolutionnaire, déclenchée, dans notre pays, après la chute de la dictature. Cette dernière tirait, d'ailleurs, sa principale raison d'être, du soutien d'un ordre mondial et régional, certes moribond et fortement secoué par une série de défaites et de crises politiques et financières majeures, mais non encore, totalement démonté. Les mouvements populaires qui ont fait le printemps arabe témoignent, en réalité, d'un affaiblissement certain du camp capitaliste et son chef de file, américain, et constituent les premières fissurations dans un vaste empire qui n'est plus en mesure de contrôler ses nombreuses colonies et d'empêcher leur rébellion. Il s'agit là d'un long processus inéluctable, qui remplacera tout le système devenu inefficace, incapable de résister aux nombreuses contradictions, qu'il ne cesse de générer, par un autre, plus cohérent et plus efficient. 
Il faut, peut-être, attendre plusieurs décennies, avant que cette dimension, foncièrement, anti globalisation, anti néocolonialiste et anti capitaliste, de la révolution tunisienne ne soit, enfin, reconnue. Ses ennemis cherchent, d'ailleurs, à dissimuler cet aspect, principal, en essayant de la dépeindre comme une révolution sans idéologie, sans chef, une simple insurrection, ou, de faire croire, qu'il s'agit d'une simple manifestation d'une guerre entre deux civilisations, judéo-chrétienne et musulmane et de la noyer dans une bipolarisation simpliste et artificielle, religieux contre laïcs, modernistes contre conservateurs. En réalité c'est le début d'une longue guerre  de libération d'un peuple qui a été saigné à blanc, exploité, pillé durant plus de soixante ans, par une implacable occupation, à distance, qui s'est exercée par le biais et la complicité d'une impitoyable dictature et une cinquième colonne, habilement mise en place, qui a infiltré ses centres névralgiques, son système judiciaire, administratif, de l'éducation, de la santé, de l'information, de l'industrie, de l'économie et des finances, et qui a cherché, comme toute colonisation, à altérer, d'une façon pernicieuse, par un processus d'acculturation, son identité nationale, historique et culturelle.       
Parce que la révolution tunisienne va dans le sens de l'Histoire, parce que le peuple tunisien n'est pas seul à souffrir de l'injustice et l'inégalité imposées par un système mondial en pleine déconfiture, parce que, tôt ou tard, l'exemple tunisien sera suivi par d'autres peuples, épris de liberté, on ne doit voir dans les coups de freins imposés à notre révolution, par les forces de la réaction de l'intérieur et de l'extérieur, que de vaines tentatives de mettre un terme à un processus qui, déclenché, ne s'arrêtera jamais, avant l'écroulement total d'un vieil ordre devenu inhumain, condamné à disparaître. Ceux qui continuent à le soutenir, aujourd'hui, le dos au mur, sont contraints à recourir, en Egypte, et dans d'autres dictatures, pour défendre leurs intérêts et ceux de leurs protégés, néocolonialistes, aux baïonnettes, aux chars d'assauts, aux attentats meurtriers, afin de terroriser leur peuple et l'empêcher de s'émanciper et de jouir de ses droits et ses libertés.  
Les tunisiens, peut-être en avance sur d'autres pays du Maghreb et du Moyen orient, attendront, avec patience, d'être rejoints par d'autres peuples, qui ne manqueront pas, en suivant leur exemple, de leur apporter un précieux et déterminant soutien et de les aider à atteindre, pleinement, les objectifs de leur révolution. En attendant ils essayent de gagner du temps, confiants de remporter la dernière bataille dans leur deuxième guerre de libération nationale. Leur projet commence à prendre forme avec l'adoption d'une nouvelle constitution qui a tracé les grandes lignes de la deuxième république qu'ils désirent édifier. Elle constituera le premier édifice d'un nouvel ordre mondial de justice et d'équité et d'égalité entre tous les peuples.
Ennemis de la révolution, de la liberté, suppôts du néocolonialisme, adorateurs de l'argent, esclaves du capital, serviles mercenaires des multinationales, ne vous réjouissez point ! La bataille est bien loin d'être terminée et les forces du progrès et du changement, dans le monde entier, finiront par triompher et démolir votre empire du mal, pourri et chancelant.
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