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Les chiens aboient, la caravane passe

Décidément, le 23 octobre n'est pas une date faste pour l'opposition. Après la spectaculaire débâcle électorale de l'année 2011, elle vient d'essuyer, deux années plus tard, jour pour jour, une deuxième et retentissante défaite, presque aussi désastreuse que la première. Après près de quatre mois de manifestations, sit-in, et virulentes campagnes médiatiques de mensonges, de menaces et d'insultes contre la coalition au pouvoir, elle n'a pas réussi à drainer, lors de sa dernière manifestation, dite de la "journée décisive", malgré ses vingt deux partis, plus de quelques milliers d'individus.

La grande majorité des tunisiens, qui a, déjà, refusé de lui faire confiance, lors des premières élections libres dans le pays, il y a deux ans, vient de lui infliger un magistral camouflet. Ni le Front Populaire qui prétend défendre les marginalisés et les pauvres des régions défavorisées, ni Nidaa Tounès, qui s'est octroyé, à maintes reprises, dans des sondages d'opinion commandités, la première place des intentions de vote, n'ont réussi à prouver une quelconque emprise sur l'opinion publique nationale. La journée du 23 octobre a apporté un cinglant démenti aux fanfaronnades de l'opposition qui, en quelques heures, a perdu l'une de ses plus importantes batailles dans le bras de fer qui l'oppose à la Troïka. 
De nombreux tunisiens se sont, également, interrogés sur la troublante coïncidence entre l'attaque terroriste, perpétrée contre six de nos soldats de la garde nationale, et les dernières menées de l'opposition. Une grande partie de l'opinion nationale est persuadée que ces dernières ont eu un rôle catalyseur direct, par le climat d'instabilité qu'elles ont crée, sur l'ampleur des actes terroristes et leur multiplication. Il est important de souligner, à ce sujet, qu'une frange de l'opposition, le Front Populaire et Nidaa Tounès, en particulier, ont servi d'alliés objectifs au terrorisme, en cherchant, presque de concert avec ce dernier, à interrompre, définitivement, tout le processus de la transition démocratique. 
Caid Essebsi qui rêvait de dissoudre la Constituante et de prendre la place du Président de la République, par un coup d'Etat blanc, a eu beaucoup de mal à cacher sa déception, après le flop du 23 octobre. Son ambition démesurée l'a aveuglé. Acerbe, à la limite de la correction, il a totalement raté son exhibition télévisée la veille de l'ouverture officielle du Dialogue National. Laareyedh, l'actuel premier ministre, lui a, intelligemment, volé la vedette, en accordant un entretien, presque à la même heure, sur la chaîne nationale. Caid Essebsi et ses appuis à l'étranger, ne semblent pas réaliser que les complots, les millions de dollars, les médias, les mensonges, l'intimidation de l'adversaire, le recours à des barbouzes et hommes de mains, sont des moyens d'action politique, qui ne réussissent pas à tous les coups, particulièrement au cours des périodes révolutionnaires. 
La Centrale Syndicale, qui n'a pas participé aux manifestations du 23 octobre, devrait tirer la leçon de la piètre prestation de ses protégés et prendre ses distances des leaders du Front Populaire et du Président de Nidaa Tounès. Les chancelleries étrangères qui étaient prêtes à miser sur ce dernier, seront amenées, inévitablement, à réviser leurs prévisions et calculs et à parier sur d'autres parties, plus sûres, qui jouissent d'une plus grande audience populaire. 
La débâcle du 23 octobre a, enfin, permis le démarrage, du dialogue national que l'opposition a dû rejoindre, tête basse. Une partie, d'entre elle, semble, désormais, prête à jouer le jeu démocratique et à œuvrer, réellement, pour la réalisation des différentes étapes de la feuille de route du Quartet, qui supervise les négociations. Ces dernières doivent aboutir à l'adoption d'une nouvelle constitution, à l'élection d'une Instance Supérieure Indépendante des Elections et à la fixation d'une date pour les nouvelles élections.
Le 23 octobre de l'année 2013 a marqué le début de la fin pour la contre-révolution et ses putschistes, aujourd'hui isolés et totalement discrédités. La Troïka, par contre, a retrouvé son unité. Ennahdha, que d'aucuns ont parié sur son éclatement, est plus unie que jamais. Entre-temps, certains médias continuent, dans l'indifférence générale, leur délire quotidien et leur hargneuse campagne contre la révolution et ses partisans. L'opposition avec ses gourous et ses guides, continue à gesticuler, d'une façon grotesque, et à se donner de l'importance, cherchant désespérément à transformer sa retentissante défaite en une victoire. Son arrogance, ses menaces n'ont pas, cependant, réussi, à impressionner le tunisien moyen qui connait bien le fameux adage qui dit "les chiens aboient, la caravane passe".

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