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L'aveuglement tragique de notre élite de gauche

Ce qui se passe aujourd'hui en Egypte n'est pas la conséquence de la folie meurtrière d'un militaire assoiffé de sang. Il n'est pas, non plus, le résultat d'un conflit religieux, d'une confrontation, extrêmement violente, entre des islamistes et des séculiers. C'est un épisode d'une lutte, des plus classiques, que mènent les conservateurs, qui défendent le statu quo, un ordre établi, injuste, contre des hommes et des femmes, bien décidés à recouvrer leurs droits, leur dignité et leur liberté, qui veulent le changement et aspirent à un lendemain différent, meilleur.

Les militaires d'Egypte recourent à une stratégie de terreur, qui ressemble étrangement, dans sa cruauté et implacable logique, réductrice et d'une extrême bestialité, à celle déjà usitée par certains généraux et colonels de l'Amérique du sud, en Argentine, au Chili, et ailleurs et qui ont cherché, vainement, à garder le pouvoir aux mains des riches, des féodaux et grands propriétaires terriens. 
A l'époque c'est au nom de la lutte contre le communisme et la défense du monde libre qu'on justifiait la torture, les exécutions sommaires et les disparitions des militants de gauche, poussés dans le vide après une "ballade" en avion ou éliminés par des brigades de la mort, et enterrés secrètement. Aujourd'hui c'est au nom de la lutte contre les islamistes et la défense de la modernité, que l'on justifie les mêmes crimes. En réalité, les communistes d'hier, de l'Amérique latine et les islamistes d'aujourd'hui, d'Egypte, de Tunisie et du printemps arabe, sont les mêmes produits d'une classe moyenne ou pauvre, longtemps opprimée, dans un même système féodal, corrompu, d'une extrême brutalité, qui avait longtemps prévalu dans l'Amérique du Sud et qui a vu le jour et considérablement profité, dans notre pays, et au Moyen Orient, de la mondialisation et des lois économiques internationales des plus injustes. Les dirigeants des pays de l'Amérique latine, qui ne sont pas islamistes, ne se sont pas trompés sur la nature du conflit qui secoue, aujourd'hui, le monde arabe et toute la région du moyen orient. Leur réaction au coup d'état d'Egypte a été des plus véhémentes. 
Certains de nos "progressistes", "défenseurs des pauvres, des damnés de la terre", qui ont rêvé de suivre l'exemple de Fidel Castro, Che Guevara, Mao Tsé Toung et Ho Chi Minh, qui ont longtemps cru défendre les libertés et la dignité humaine, combattre l'arbitraire et l'oppression, découvrent, aujourd'hui, qu'ils sont dans le même camp que les régimes les plus réactionnaires du golfe, du coté des tortionnaires, du premier Pinochet arabe, tunisien ou égyptien et de ses assassins ! Une tragique erreur sur le sens de l'Histoire qui risque de leur coûter très cher...

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