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La Turquie et le printemps arabe

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Le coup d'Etat militaire en Egypte, qui sera, certainement suivi par d'autres coups fourrés, a pour objectif principal d'empêcher une alliance idéologique, économique, stratégique et religieuse entre la Turquie, une puissance émergente du Moyen-orient, et les pays du printemps arabe.

Une telle alliance, qui peut englober, outre l'Egypte, le Yémen, la Syrie, l'Irak, la Libye et la Tunisie, aboutira à la naissance d'une nouvelle puissance politique, formée d'un groupe homogène de nations, aux énormes potentialités. La Turquie jouera en son sein, à l'instar du Japon dans la région du Sud-est asiatique, le rôle d'une locomotive et d'un modèle de développement pour des pays qui viennent, à peine, de se libérer du joug de la dictature et dont les nouveaux dirigeants sont animés d'une réelle volonté d'agir pour le bien être de leur population. Une telle perspective commence à inquiéter, sérieusement, les puissances occidentales, gagnées par la xénophobie et l'intolérance religieuse, en proie à une grave récession économique et qui doivent préserver, à tout prix, une mainmise, vitale, pour leurs intérêts, sur le Moyen-Orient. La Turquie dérange aussi l'Arabie saoudite qui risque de perdre son leadership dans le monde sunnite musulman, et les israéliens, à cause de son soutien inconditionnel à Hamas, l'organisation palestinienne islamiste, qui refuse de reconnaître l'entité sioniste. 
Ce n'est certes pas la première fois qu'un pays arabe soit victime d'un complot ou un coup d'état, fomenté de l'étranger et destiné à faire avorter un projet prometteur de développement. Ce n'est pas la première fois que des élections régulières et transparentes soient invalidées à l'ombre des baïonnettes. Mais cette fois-ci, des faits, nouveaux, risquent de faire échouer, pour la première fois, de telles interventions : Une révolution en marche, une population qui a atteint un degré de maturation assez élevé et des forces néocoloniales qui ont beaucoup perdu de leur vitalité. Quelle que soit l'issue de la bataille actuelle qui se joue sur le contrôle de la case Egypte, la partie est, dans tous les cas, loin d'être terminée. Ceux qui sont habitués à abandonner rapidement, dès les premières minutes, sont aujourd'hui mieux entraînés, et font face à un adversaire qui a beaucoup de mal à se concentrer et mijoter ses coups. 
Avis à tous les hommes et femmes épris de liberté, de nos différents pays, si proches, qui luttent pour réaliser un même rêve de paix, de progrès, de justice et de dignité : Tenez bon ! Oui, cette fois-ci, c'est différent ! Nous pouvons gagner !

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