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Une légère éclaircie dans la grisaille

Dans l'épaisse grisaille actuelle que traverse le pays, trois événements récents ont apporté une très discrète mais réelle éclaircie: le dialogue national, d'abord, qui se poursuit en vue d'un consensus rapide sur un certain nombre de points importants, encore litigieux; la fin de la rédaction de l'avant dernière version de la Constitution, ensuite, après plus de 16 mois d'âpres discussions et enfin, l'adoption de la loi portant création de l'Instance Provisoire de l'Ordre Judiciaire, qui constitue, tout le monde en convient, y compris le syndicat des magistrats et leur association, un pas important sur la voie de l'indépendance de la magistrature. 

Ces progrès constituent-ils des signes d'un début de déblocage politique et de sortie progressive de la situation d'impasse dans laquelle s'est enlisé le processus de transition post révolutionnaire, depuis plus d'un an ? L'espoir est, peut-être, permis grâce, notamment, à la nouvelle volonté de dialogue manifestée par des formations, partis et courants politiques, de différents horizons, qui ont décidé de rompre avec l'attitude stérile et dangereuse, de déni systématique et mutuel, qui a caractérisé, jusqu'à une récente date, l'attitude des principaux protagonistes de la vie politique dans le pays. Cette évolution remarquable ne manquera pas d'aboutir, si elle se confirme, à l'isolement et au discrédit de tous ceux qui continuent à adopter des positions extrêmes, refusent de se plier aux exigences du jeu démocratique et cherchent à prendre le pouvoir par n'importe quel moyen. En multipliant les gestes d'apaisement, les partis de la coalition gouvernementale ont réussi non seulement à rassurer la population et une partie de leurs adversaires, mais aussi à dissiper les craintes des chancelleries étrangères et des grandes organisations internationales financières. Le soutien de ces dernières est crucial à un moment où le pays, au cœur de la tourmente, traverse une grave crise sociale et économique qui l'a mené au bord de la banqueroute. 
La classe politique, toutes tendances confondues, doit aujourd'hui, impérativement, oublier ses différends et considérations électoralistes et œuvrer pour réduire les tensions et conflits sociaux et politiques qui sont à l'origine d'une instabilité très peu propice à l'investissement étranger et à la reprise économique. La centrale syndicale, et l'opposition vont-elles, enfin, modérer l'ardeur de leurs troupes et prendre en considération l'intérêt suprême de la nation ? Il y a lieu d'espérer, au vu des derniers événements, de bon augure, que la grave détérioration de la situation financière du pays déclenche, enfin, un réflexe patriotique salvateur qui permettra de mettre fin à une dangereuse spirale de descente progressive aux enfers.

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