You are here

La dérive religieuse

 

S'attaquer aux croyances, insulter les Dieux et les messagers, souiller, détruire les temples et les lieux de prière, constituent des actes de guerre, d'extrême gravité, vieux comme le monde, qui ont caractérisé des périodes particulièrement sombres, de fanatisme, d'intolérance et de conflits religieux, ayant jalonné l'histoire de toute l'humanité et qui ont toujours coïncidé avec des périodes de famine, d'épidémies et de grande misère.

A notre époque, particulièrement difficile, marquée par une crise  économique mondiale sans précédent et la faillite du système capitalist, séculier, à bout de souffle, la montée des périls de l'extrémisme religieux, observée un peu partout e monde, est un indicateur, peu trompeur, de l'état d'anxiété, de doute et de grande détresse des populations, dont les conditions de vie se sont rapidement dégradées, du fait de la récession économique; conséquence directe du comportement irresponsable d'une classe politique, affairiste, des plus cupides.

Le recours aux actes blasphématoires est devenu le moyen le plus aisé, pour certains milieux politico-financiers véreux, souvent aidés par des médias, à leur solde, pour détourner l'attention des citoyens, particulièrement éprouvés, et canaliser leur agressivité et ressentiment contre un coupable tout désigné, celui qui fait partie d'un culte différent, qui ne partage pas leurs croyances, membre d'une minorité : le juif, le musulman chiite ou sunnite, le chrétien protestant ou catholique, transformé en une victime expiatoire, dont les souffrnces serviront à amadouer les dieux, en colère, et à implorer leur pardon.

C'est dans ce contexte que se sont multipliées, partout dans le monde, de nombreuses sectes avec des illuminés, à leur tête, cheikhs, prêtres ou rabbins, délirants, intronisés gourous et guides religieux, qui prônent le fanatisme, la haine et la violence, et poussent à l'intolérance et la guerre des religions. C'est souvent leurs adeptes, téléguidés, qui sont à l'origine des attaques ciblées contre les symboles religieux de l'infidèle, tantôt d'une façon subtile, en produisant des textes, des représentations ou des films injurieux ou carrément blasphématoires, tantôt d'une façon brutale, très violente, sous forme d'attentats meurtriers contre des lieux de culte, tuant, traitreusement, d'innocentes victimes, lors de leur prière.

Plusieurs minorités religieuses ont  subi de telles vindictes, dont l'exemple le plus récent est celui des chrétiens en Irak, des chiites du Pakistan, ou encore des musulmans à l'ouest de la Birmanie ... Certains dirigeants du tiers monde,  des plus méprisables, ont nourri, dans leur propre pays, des conflits confessionnels, semant la zizanie au sein de leur propre peuple, pour faire diversion sur la nature de leur pouvoir et ses abus. L'exemple le plus édifiant a été celui de l'ancien président d'Egypte et son ministre de l'intérieur qui faisait monter, par sa police secrète, des attentats meurtriers contre les coptes chrétiens, et en attribuait la responsabilité aux égyptiens musulmans!

L'extrémisme, quel que soit sa nature, témoigne, aussi bien à l'échelle de la société que de l'individu, d'un état d'extrême détresse qu'il faut prendr

e très au sérieux. Il est caractérisé par une charge énorme d'agressivité, qui se sert de l'idéologie, ou de la religion, comme alibi et peut s'exprimer d'une façon très violente et incontrôlable. Qu'il soit politique ou religieux, qu'il soit de droite ou de gauche, il est toujours dévastateur, nihiliste. Il s'agit d'un fléau social, une grave perturbation, qui peut toucher n'importe quelle société. Ses principales causes sont l'injustice, l'acculturation, la pauvreté et les états de stress prolongés, souvent déclenchés par des changements importants, et inattendus, des conditions de vie, comme la perte d'emploi, de domicile, d'une source de revenu. Pour le prévenir, il faut lutter contre toute forme d'injustice et de discrimination et assurer à la population une vie digne et stable où elle jouit de tous ses droits, en toute sérénité.