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Le pays a besoin d'un homme de réconciliation nationale

L’ancien régime faisait une nette distinction entre sa clientèle, ses partisans, ses alliés et les autres, qui ne sont pas les siens, exclus, éloignés des centres de décision, parfois même dépossédés de leur biens, privés de leurs revenus, humiliés et réduits à la misère et à la pauvreté. 

La dictature a œuvré pour la scission, la division du pays. Elle a scindé la population en bons, de son coté, et mauvais, contre elle ou qui ne la soutenaient pas. Les sentiments de fraternité, de solidarité et d’affection, qui unissaient les tunisiens ont, rapidement, cédé la place au ressentiment, la colère et la rancune.

En multipliant les injustices, il a réussi à monter les riches contre les pauvres, le sud contre le nord, les régions côtières contre le centre, les jeunes contre leurs ainés, les actifs contre les chômeurs, les instruits contre les moins instruits, les paysans contre les citadins... Une politique discriminatoire qui ne ratait aucune occasion pour attiser les conflits et la haine entre les citoyens, qui entretenait les disputes et les contentieux entre les familles, les quartiers et les clans, gardés en perpétuel conflit autour de quelques miettes que le pouvoir s’ingéniait à distribuer aux uns ou aux autres, selon ses humeurs et les exigences de ses plans machiavéliques de division. Des Tunisies soigneusement tenues à l’écart les unes des autres, ont, au fil des années, développé, chacune, sa culture, ses gouts, ses conceptions,  dans des conditions très inégales, en s'ignorant, superbement. La dictature est à l’origine, aujourd’hui, des graves et profondes fractures dans la population, de mauvais augure. Le pays est divisé et son unité risque de voler en mille éclats, à tout moment. La méfiance augmente, les oppositions s’accentuent, de jour en jour ; les provocations se multiplient ; elles prennent des allures gravissimes, religieuses. Des incendiaires, tentent, à chaque instant, de mettre le feu à la poudrière, tout faire sauter et effacer les traces de leurs crimes passés.

Nous avons grandement besoin d'une réconciliation nationale que nos politiques, hélas, semblent incapables, jusqu'à maintenant, de réaliser. Et ce n'est pas un homme symbole de l'ancien establishment, qui s'est rendu coupable de la dislocation du pays et de ses divisions, qui réussira une telle mission !